mercredi 30 juin 2010

Rock-A-Field, Luxembourg

Chaque dernier dimanche de Juin, nos amis Luxembourgeois démontent les stéréotypes usuels en nous montrant qu'eux aussi connaissent la recette de la fête. La preuve avec cette somptueuse édition du Rock-A-Field.



Ce dimanche 27 juin, ma tournée des festivals s'arrêta dans une pâture au sud de Luxembourg ville. Organisé par l'Atelier, une référence de l'évènementiel s'il en est, le festival du Rock-A-Field ne cesse de prendre de l'ampleur d'année en année. En témoignent cette splendide affiche, la plus impressionnante de l'histoire du festival : Funky P, Ghinzu, Gossip, Paramore, Deftones, Kasabian, 30 Seconds To Mars, Eternal Tango, Prodigy, Pendulum, et j'en oublie ! Le tout pour 55 euro à peine, ce serait presque un rêve si seulement le prix des boissons n'était pas si élevé (plus de 3 euro par verre, au Rock-A-Field, la picole est un luxe !).


Cette année, ça n'est pas moins de 20,000 personnes qui étaient attendues dans les prés de Bettembourg. Dans les faits, les organisateurs avaient vu les choses en plus grand. Le site se voyait ainsi agrandi, afin de faciliter l'accès à la seconde scène. Idée lumineuse puisque l'année passée, la population m'avait semblé fort dense, ce qui peut s'avérer inconfortable si la chaleur s'invite à la fête. Par contre, le mode d'accès n'était pas simplifié ; garer la voiture dans le centre, monter dans une navette, et marcher un bon quart d'heure dans les bois, telle est le parcours à accomplir avant de fouler la plaine ; le Rock-A-Field est un festival qui se mérite ! Heureusement, une organisation parfaite accompagne ce cheminement, et réduit les temps d'attente tant que faire se peut.


Parlons peu, mais parlons bien : au milieu de tous ces noms ronflants, j'aurai retenu :

- La sympathie que Funky P, qui me prit sur scène durant sa prestation (photo bientôt disponible!)
- Le charisme vocal de Beth Ditto, chanteuse de Gossip, qui nous offrit un merveilleux remix de Smells Like Teen Spirit, et quitta la scène sur un royal I will always love you qui nous ferait presque aimer cette chanson. A noter qu'elle remarqua ma présence alors que je m'agitais en l'air, je l'entends encore s'exclamer entre deux chansons "Oh, that's a real Teddy Bear !"
- L'énergie de Chino Moreno, chanteur de Deftones, qui mouille la chemise au propre comme au figuré.
- l'Ignoble coiffure Iroquoi et décolorée de Jared Leto, qui musicalement semble vouloir concurrencer Tokio Hotel...
- La vulgarité de Maxim, chanteur de Prodigy (et accessoirement sosie du Predator), qui place du Fucking à toutes les sauces et une bonne cinquantaine de fois sur le concert. Cela dit, quel spectacle et quelle énergie, c'est tout bonnement extraterrestre !


Après une si bonne journée, c'est exténué que j'ai repris le bus pour revenir en ville. Il me restait alors 3 jours avant de repartir vers un de mes festivals préférés : le Rock Werchter Festival et ses 100,000 visiteurs par jour !


Rock-A-Field, Luxembourg, dimanche 27 juin 2010

Album photo


+ : Affiche, prix (du billet), organisation
- : Accès, prix (des boissons)

Verdur Rock Festival, Namur

Tout comme l'année précédente, c'est par le Verdur Rock que j'ai décidé d'ouvrir ma saison des festivals. Comme une légère mise en bouche avant d'accélérer la cadence au cours des prochains jours ...



J
oyau du paysage namurois trônant fièrement au sommet de la ville, la citadelle accueillait ce samedi 26 juin le Verdur Rock Festival. Pour cette nouvelle édition, si le site se voulait toujours aussi accueillant, on ne pouvait toutefois pas en dire autant de l'affiche, composée en majeure partie de groupes "déjà vus" comme Experimental Tropic Blues Band ou Ete 67. Quant à la tête d'affiche, Miossec, c'était surtout le contexte qui faisait défaut. Bien qu'il ne s'en soit pas si mal tiré, on imaginait pourtant mal le Breton jouer ses balades mélancoliques au coeur du site de Verdure, juste avant un set de Montevideo vs Compuphonic...


Généralement, l'ambiance fut au rendez-vous, notamment de par la petite scène électronique où les DJ qui se succédèrent offrirent des sets dignes d'une vraie salle house. La bonne surprise musicale de la journée nous vint de Kaophonic Tribu, qui nous proposa des rythmes tribaux endiablés au son des énergiques djembés, et autres didgeridoo. De quoi réveiller un joueur de foot français sur un terrain d'Afrique du sud. La mauvaise surprise nous vint de Phantom featuring Lio, qui se la joua plus Lio que Phantom. Au final, ce fut un récital de variétoche poussiéreuse, récité par une chanteuse dont la voix rappelait à s'y méprendre celle de Tata Suzanne (les fans d'Omar et Fred comprendront).


Loin d'être un must, le Verdur Rock Festival n'en reste pas moins un bon plan de la fin juin. Et si l'affiche ne vous émeut guère, l'atmosphère vaut toutefois la peine de s'en imprégner, d'autant que l'entrée est toujours gratuite !



Verdur Rock Festival, Namur, 26 Juin 2010

Album photo


+ : atmosphère, prix
- : affiche


Les photos sont dans la colonne de droite !

vendredi 25 juin 2010

Vendredi 25 juin 2010, et c'est reparti !!




Ca y est !



A
près une longue année d'attente, les festivals d'été sont enfin de retour ! Avec eux leurs lots de rencontres, surprises, découvertes, moments souvent bucoliques et parfois éthyliques. Quelle joie de pouvoir ressortir de sa tanière, et de s'en aller gambader à travers les plaines et au sein des foules mélomanes et épicuriennes !


Cette cuvée 2010 s'annonce dors et déjà passionnante, puisqu'à nouveau je foulerai les sites de Werchter, des Ardentes, de Dour et du Pukkelpop. Mais c'est ce samedi (lisez : demain) que la saison commence, avec le Verdur Rock Festival de Namur ! Dimanche, je m'en irai changer d'air par delà les frontières, pour rejoindre les pâtures du sud Luxembourg et son détonnant Rock-A-Field.


Je n'ai toutefois pas réussi à contenir mon attente jusqu'à ce dernier week-end de Juin ... J'ai en effet signé ma première sortie de l'année ce samedi 19 juin dernier aux Pays-Bas, au Goffert Park de Nimègue, où se produisaient les Anglais de Muse, avec leur show aussi envolé que leur musique rockement lyrique. En première partie, d'autres Anglais, ceux d'Editors, et les mimiques animalesques de leur chanteur Tom Smith. Mais aussi et surtout un groupe que je commence à connaître sur le bout des doigts : Ghinzu, puisque c'était la 4e fois que j'assistais à l'une de leurs performances. Vous trouverez les photos de cette première sortie dans la colonne de droite de ce blog, juste au dessus des albums de 2009.


Je vous laisse les compulser à votre aise, pendant ce temps je m'en vais terminer les préparatifs d'une saison 2010 qui promet d'être riche en émotions !


A bientôt les amis !



Votre ours en peluche préféré,



Festivours.

mardi 22 septembre 2009

Pukkelpop - jour 1

J'écris cet article avec une semaine de retard (travail oblige). Il ne s'agit donc pas de réactions à chaud, mais elles me semblent cependant justes et sincères.

Premier réveil (déjà) difficile sur le camping de Kiewit dans une atmosphère de canicule et d’euphorie intense : une chose est sûre, les premières bières ne feront pas long feu. Le temps d’enfiler short et t-shirt et me voici sur le site du festival pour une longue première journée de concerts en tous genres.

Première réjouissance de la journée avec Ghinzu, programmés à 14h30 sur la Main Stage. Une heure assez étonnante sachant qu’ils bouclaient les Ardentes, mais au vu des différents artistes qui suivront, cela reste compréhensible. Avec une setlist identique aux derniers concerts, la bande à Stargasm assure le show sans rendre celui-ci transcendant. Un bon échauffement pour la suite.

C’est désormais au tour de Bon Iver de me transporter avec ses ballades folk et sa voix perçante au sein d’un Marquee bondé et très réceptif à la musique de ce dernier. Les très efficaces « For Emma, Forever Ago » et « Brackett, W9 » laissent quelques frissons au sein d’un public visiblement conquis au vu des accompagnements et des applaudissements répétés. De mon côté, la chaleur étouffante qui régnait sous cette tente fut presque oubliée durant ces quarante minutes de douces mélodies hivernales.

Les bons concerts s’enchaînent, j’entends déjà Maximo Park qui m’entraîne à travers la foule vers le devant de la Main Stage. Son éternel chapeau noir sur la tête, Paul Smith assure un concert à l’image de sa musique : simple et efficace. Certes prévisible, cette pop-rock dansante coule néanmoins à travers nos oreilles sans aucune réticence, à l’image des quelques bières avalées pendant ce temps. Je peux presque me vanter d’avoir passé un très bon moment.


Je file désormais au Club pour un groupe que j’attendais avec impatience depuis le début de la journée : Passion Pit. Place à de l’électro-pop colorée et joyeuse mais pourtant brillante et originale, comme en témoignent « Sleepyhead », « Little Secrets » ou « The Reeling » sur lesquels le chanteur, vocalement si particulier, nous transmettra toute sa bonne humeur. Cependant, je n’arrive pas à effacer un léger goût de déception à la fin du concert. Peut-être est-ce dû à mon niveau d’attente trop élevé suite aux nombreuses écoutes de leurs EP et LP, ou à la rapidité, malheureusement obligatoire, du concert.



Je n’ai pas de commentaire particulier à fournir concernant Busy P, ma curiosité et mon léger faible pour la musique Ed Banger, assez controversée, m’ont poussé vers la majestueuse Boiler Room. Je ne fus ni déçu ni enchanté, juste satisfait de ce set puissant et efficace.

La tension monte, l’un de mes concerts les plus attendus de l’année se rapproche, il s’agit évidemment de Grizzly Bear au sein du Club. Lorsque les quatre New-Yorkais font leur apparition, la salle s’enflamme et les accueille aussi chaleureusement que la critique unanime avec Veckatimest, leur dernier album. Une question logique traverse ensuite mon esprit : « comment arriveront-ils à satisfaire de telles attentes ? » Attentes légitimes au vu de la grandeur de leur œuvre. Cette appréhension sera immédiatement effacée lors des premiers envols vocaux d’Ed Droste qui, combinés à la voix tout aussi singulière de Daniel Rossen, transcendent le public sans aucun mal avec « Southern Point ». C’est avec la même facilité et le même génie qu’ils enchaînent avec « Two Weeks », « While You Wait For The Others » ou encore « The Knife ». Un concert déconcertant, qui confirme toute mon admiration pour ce groupe en qui je reconnais déjà l’une des formations majeures de ce demi-siècle, toute forme de sensationnalisme mise à part. La journée est cependant loin d’être finie, allons s’extasier devant Beirut. Décidément, l’affiche du Pukkelpop 2009 se passe de tout commentaire si ce n’est : richesse, variété, originalité, cohérence.



Mais je reviens à Beirut car il s’agit, contre toute attente, de mon concert de la journée. Légèrement partagée, la critique de leur dernière apparition en Belgique (si je ne me trompe) qualifiait leur concert d’ « inégal » voire « décevant ». Peu importe, les traces laissées par les écoutes de « Gulag Orkestar » et « The Flying Club Cup » dans mes oreilles me poussent vers le Marquee sans aucune hésitation. Et heureusement, car Zach Condon fut absolument magistral. Un grand concert, si je puis le définir, doit apporter une dimension nouvelle aux compositions présentes sur le disque : la réalité directe des émotions transmises par le groupe. Avec « A Sunday Smile », servie par la voix triste et tremblante de Zach, toute la mélancolie et la nostalgie d’un seul homme se sont révélées, de manière sincère et déstabilisante. Ce sentiment de tristesse m’a envahi progressivement durant tout le concert, sans trop savoir comment ni pourquoi, je me suis simplement laissé bercer par cette émotion jusqu’à la fin. Bouleversant et juste, humble et brillant, Beirut marque ici l’un des plus beaux moments musicaux de mon existence.


Cette immense journée devait encore m’apporter un dernier cadeau avec My Bloody Valentine, groupe culte dans le courant, inconnu pour ma part, du « Shoegaze », il me tardait de découvrir ce style via l’un de ses plus éminents représentants. Difficile de décrire exactement ce qu’il s’est passé durant ce concert : une véritable bulle sonore s’est emparée du Marquee en plongeant les spectateurs subjugués dans une cacophonie hors du commun. Il faut s’attarder à déchiffrer, au milieu de ce torrent de sons et d’images (projetées derrières le groupe sur grand écran), les différentes notes et accords prouvant que ces gars-là ne sont pas ici que pour faire du bruit. L’envie de détruire toutes nos barrières auditives semble évidente. A coups de pédale d’effet, My Bloody Valentine frappe sur le conformisme musical et va jusqu’à reproduire la même note pendant une vingtaine de minutes avec une puissance presqu’étouffante. Je ne peux me positionner parmi ceux qui considèrent cette musique bruyante et sans intérêt. Impressionné par tant d’énergie et de violence sonore au premier abord, enchanté ensuite par des sons plus imperceptibles, je garderai de ce concert un excellent souvenir. Ma première expérience avec le Shoegaze fut réussie.


Je suis ensuite rentré au camping dans un état indescriptible, bercé entre un sentiment de joie intense et d'incompréhension générale.

lundi 24 août 2009

... Je pensais avoir tout vu ...

Lorsque le dieu des Ours créa les festivals, il remarqua que tous possédaient des qualités et des défauts.
Il prit à Werchter sa démesure.
A Dour, sa convivialité,
Aux Ardentes son éclectisme.
Aux Lokerse Feesten, il prit la qualité technique.
Il confisqua à tous quelques jolies oursines, et plaça le tout dans une plaine du côté d'Hasselt.




Je pensais avoir tout vu.




Depuis le début de mon escapade estivale, j'étais convaincu d'avoir tout vécu en matière d'émotions festivalières. J'étais monté haut, très haut. Chaque week-end, je déchirais les nuages avec des éclairs d'adrénaline. Avec le déclin d'août s'amorçait la chute, plânante et reposante, du roi Ours ayant grimpé les trônes de toutes les plaines estivales.

Et pourtant, ce que j'ai vécu ces trois derniers jours m'ont propulsé encore plus haut. Avez-vous déjà vu un ours en orbite ? Levez la tête et faites-moi de grands signes ! Et puisqu'aucun superlatif n'est assez objectif que pour qualifier le Pukkelpop, disons simplement : waw. Inutile de chercher à en dire le moindre mal, tout y est tout simplement parfait !

Le parking, la gare, le camping et le site tiennent quasiment en un seul et énorme morceau, ici logistique rime avec altruisme et pratique. Le site est énorme, morcelé en plusieurs parties puisqu'il abrite huit scènes, dont sept sont couvertes. La foule est dense, certes, mais les espaces sont légion, jamais vous ne devrez enjamber des corps étendus et calcinés ! En cas de pluie ou de canicule, les sept scènes couvertes offrent autant d'abris. Et si c'est dans votre tente que vous désirez fuir l'orage, il suffira de traverser la route à l'entrée pour rejoindre le camping.

L'esthétique dans la décoration est également de mise ! Arbres qui clignotent, plafonds de scène qui changent de couleur, exhibitions costumées futuristes... Ce ne sont que de petits détails, mais mis bout à bout, ils font de ce site un endroit qui ferait pâlir de jalousie le jardinier d'Eden. Et pour en terminer avec la partie organisationnelle, citons que les sanitaires sont en très bon état général (pas comme à Dour, où c'est à croire que certains festivaliers vont faire leur besoin avec un rouleau de peintre...)



L'ambiance est exceptionnelle. Peu importe la scène où vous vous trouvez, ou si vous êtes en pleine translation d'une scène à l'autre ; il est impossible de trouver un endroit où la musique n'envahit pas les oreilles ! Magistrale, la Main Stage se dresse à l'extrémité du site. Elle est fort semblable à celle de Werchter, l'abondante populace en moins puisqu'en général, il n'est pas difficile de vous glisser jusqu'aux pieds des artistes. A l'autre extrémité du site se trouve la Boiler, un temple dévoué à la musique électronique. Du matin au soir s'y enchaînent des DJs de classe et de renommée, dans une ambiance électriquement au poil, rafraîchie par de puissants brumisateurs - quelle excellente idée ! C'est sans doute l'endroit au monde qui se rapproche le plus d'une définition de la 4e dimension ... Entre ces deux endroits, si différents mais si chaleureux, se tendent fièrement plusieurs tentes, abritant elles aussi des concerts de qualité ; certains de moins bonne facture, mais l'affiche est tellement énorme qu'il est trop aisé de les éviter !

J'en resterai là pour aujourd'hui, en espérant vous avoir glissé le vin du cubis dans la bouche. Après ce que vous venez de lire, vous ne pouvez que revenir demain... vraiment il est inutile de vous dire que j'ai à nouveau rencontré plusieurs artistes, que j'ai vécu de folles anecdotes sur scène, et que je vous le raconterai lors du prochain épisode...

A demain, soyez tous au rendez-vous.



PS. Ce sera peut-être après-demain, hein, ne vous fâchez pas tout rouge !!

dimanche 16 août 2009

Lokerse Feesten, la kermesse campinoise.

Et encore un article avec une semaine de retard ... Paresse ? Dilettantisme ? Non. Vie sociale surchargée !

Le coeur de l'été est décidément la période des festivals qui se déroulent en plein coeur des villes. Une semaine après mon passage (très) furtif sur la grand place de Tirlemont pour le Suikerrock, c'est aux Lokerse Feesten que je me suis rendu ce samedi 8 août. Comme leur nom l'indique, celles-ci se déroulent à Lokeren, charmante petite bourgade flamande bien connue des fans de football. Car les footballeurs tchèques sont à Lokeren ce que le sucre est à Tirlemont : une denrée de qualité qui s'exporte partout en Europe.

Sur la carte, cette petite ville se situe quelque part entre Gand et Anvers. C'est donc loin, et un peu perdu, pour vous gens du sud comme pour nous les ours. Mieux vaut dès lors s'y rendre en train, ce qui, en outre, nous permettra d'ingurgiter quelque bonne grosse bière la conscience tranquille. Embarqué sous les nuages gris, j'ai pu voir le climat s'améliorer au fur et à mesure des kilomètres enfilés par la locomotive. Si bien qu'en débarquant à Gand pour sauter dans la correspondance, le soleil rayonnait déjà au dessus de ma tête ; quel bonheur !



Les Lokerse Feesten sont sans doute le plus long festival de Belgique. Cette année, la fête s'étendait du 31 juillet au 9 août, rien que ça ! Cela dit, les concerts ne débutent qu'en soirée, il n'y en a donc que 4 ou 5 par jour. Mais l'affiche vaut le détour ; allez voir par vous-même. En outre, il n'y a pas que des concerts. C'est toute la ville qui vit au rythme de la kermesse, avec des stands de pèche aux canards, des Luna Park avec ces machines à grosses pinces qui, malgré les apparences, ne permettent pas de gagner une peluche, des aubettes à boissons, oh non encore boire, mais arrêtez avec ça ! Etc. etc.


Quant à la scène, elle se situe sur un espèce de parking communal, et le moins que l'on puisse dire c'est que l'endroit est plutôt confiné ! En pleine heure de pointe, le monde grouille, et une simple visite aux toilettes dure aussi longtemps qu'un trajet Bruxelles - Gembloux en train (lorsque le train est à l'heure, sinon autant prévoir des couches). Les stands qui vendent de la nourriture sont eux reculés dans une simple petite case, et sont envahis de monde entre les concerts... Prenez de quoi grignoter si vous souffrez d'agoraphobie ! Bref, la situation en soi n'a rien d'exceptionnel. Heureusement, le festival compense par une qualité sonore de très bonne facture ! L'acoustique est bien meilleure qu'au Suikerrock et que dans les salles des Ardentes.



Parlons peu, parlons concerts ! Ils étaient quatre noms à monter sur scène ce soir-là. Le premier, Alain Clark, ne m'a laissé aucun souvenir. Et pourtant j'étais encore bien sobre... Passons donc aux suivants, les papys d'Ultravox. Qui savait que ce groupe, digne représentant de la période New Wave, existait encore ? Pire : qu'ils faisaient encore des lives ? Et pourtant, au contraire des visages, leur musique n'a pas pris une ride ! Ils n'ont que très peu de tubes, qui sont d'ailleurs injustement méconnus du grand public. Il faudrait apprendre aux gens que les années 80s ne se limitent pas à "Tainted Love" de Soft Cell, "Enola Gay" de OMD ou pire : Images et "Les démons de minuit". Ultravox, c'est tout de même vachement mieux ! Bref, excellente prestation, je fus bercé comme si j'avais moi-même un ours en peluche dans les bras ; c'est le monde à l'envers !

Ensuite, juste le temps de se rapprocher de la scène avant l'arrivée des Simple Minds. Pour moi, c'était la deuxième fois en deux semaines, et celle-ci fut nettement meilleure que la précédente. Premièrement, la régie était enfin à la hauteur de l'événement. Deuxièmement, Jim Kerr m'a semblé beaucoup moins fatigué, et de près, la ressemblance avec Gérard Lenorman est beaucoup moins évidente. Le batteur était déchaîné, et le bassiste a passé la moitié du concert à lancer des clins d'oeil dans la foule (il a d'ailleurs fait une drôle de tête quand il m'a vu). C'était tout simplement tout bon, de la première à la dernière note !

Il ne restait alors plus qu'un seul artiste : Dr Lektroluv, ce Fantômas du 3e millénaire et ses platines magiques. Quelle étrangeté dans le programme, après Ultravox et les Simple Minds ... Un peu comme si la première partie d'un concert en salle de Motorhead était assurée par Chantal Goya. Attention, que l'homme en vert ne se vexe pas : je le trouve très talentueux, et il n'est ici question que de transition peu digeste entre deux styles complètement opposés (j'ai appris à devenir diplomate depuis que je passe à la radio !). Mais avec deux bières par dessus, le plat est bien passé. Et puisqu'une bonne partie du public s'était déjà éclipsée, je pus allègrement faire couler mon pas de danse sur le bitume lokerenois.

Le festival se termina aux alentours de 3h du matin. Alors que j'étais gentiment assis à une table, les gentils organisateurs me prièrent de quitter les lieux, transformés en cimetière de gobelet. J'avais encore 3 bonnes heures à tuer avant de reprendre le premier train du matin, et je les passai dans un espèce de café-bar légèrement bizarre, qui devait s'appeler le "Mais où sommes-nous ?".

C'est tout pour aujourd'hui ! La prochaine fois, il faudra quand même que je vous raconte comment j'ai libéré un des miens à la pèche aux canards de Lokeren ...

N'oubliez pas deux choses : premièrement, si ce n'est pas encore fait, mon groupe facebook vous est ouvert ! Et deuxièmement, le pukkelpop arrive dans trois jours ... et moi de même !


A très bientôt !

lundi 10 août 2009

Tirlemont, du rock au sucre


... à moins que ça ne soit le contraire !

Ce vendredi 31, dernier jour du mois de Juillet, m'a vu débarquer dans cette ville de Tirlemont que je connais bien trop peu que pour en parler ! Mais je me dois bien de vous en décrire les grandes lignes, sans quoi je vais encore me faire taper sur les doigts par les chroniqueurs de Pure FM ! Private Joke les gars, je vous aime bien... surtout la petite blonde !!

Tirlemont, "Tienen" dans la langue locale, est une ville située dans le Brabant flamand, quelque part entre Liège et Bruxelles. Elle compte environ 32,000 habitants et outre son festival rock, le dernier week-end du septième mois, elle est surtout connue pour son industrie sucrière. C'est donc bien la ville qui a donné son nom au morceau de sucre, et non le contraire. Voilà pour votre culture générale ; en espérant, qui sait, que cela vous permette un jour de remporter le Larousse des fromages à trous à "Questions pour un champion".

Le Suikerrock tire son nom du mot "Suiker", traduction néerlandaise de "sucre", et de "Rock", traduction de "Musique de qualité" dans la grande majorité des langues. Suikerrock, ou sucre-rock... Vous en conviendrez, quel nom original pour un festival dont la ville-hôte est avant tout renommée pour sa raffinerie sucrière ! Un peu comme si l'on créait un "Diamant Rock Festival" à Anvers, ou un "Gilles Rock Festival" à Binche, ou un "Grottes-Rock Festival" à Han-sur-Lesse, ou un "Cascade Rock Festival" à Coo, un "Rocher Baillard et Saxo-Rock Festival" à Dinant, ou un "Trappiste Rock Festival" à Chimay, etc etc.

Et bien à Tirlemont, ils ont osé le faire, puisque le Suikerrock existe depuis 22 ans déjà ! On pourrait d'ailleurs pousser le vice jusqu'à croire que l'organisation du festival ne fut qu'un prétexte à l'élaboration de ce sobriquet... mais en même temps, pourquoi chercher à faire plus compliqué ??

Bref, alors c'est comment le Suikerrock ? Très sympa, et ma foi fort convivial !

La scène principale et son public se tiennent sur la Grand Place de la ville, qui sert de patio à une majestueuse église. Autour de ce rectangle de pavés, diverses aubettes et attractions envahissent les rues, ça va des stands de sponsoring aux jeux de forains, en passant par les habituelles buvettes - mais que ferait-on sans elles ? Le Suikerrock est donc aux festivals d'été ce que le Grand Prix de Monaco est à la saison de F1. Là-bas, trois jours par an, la musique coule dans les artères de la ville jusqu'à en gagner le coeur, ce que refusent habituellement les riverains de bon nombre de bourgades.

Mais que de baratin, me direz-vous, avant d'en arriver à aborder le thème principal : la musique ! La raison de cette longue introduction est très simple : Je n'ai assisté qu'à un seul concert de tout le week-end ! Mais pas n'importe lequel... Anouk, Status Quo, Fun Lovin Criminals, Novastar... tous ne pourront pas se vanter de m'avoir compté parmi leur public, au contraire des Simple Minds, présents sur la scène du Suikerrock en cette belle soirée vendredienne.

Ce fut une bonne prestation, parsemée de chansons récentes comme de tubes de leur plus belle période. Les Ecossais inspirent la sympathie ! Très naturels et spontanés, ils ne font aucun chichi et ne tombent pas dans les stéréotypes des vieux groupes qui tentent un come back sur le devant de la scène. La musique coule sans fausse note, seule la voix du chanteur semble avoir très légèrement défailli... mais sans doute est-ce dû à un problème de balance (en effet, c'était bien cela, j'en reparlerai dans une prochaine chronique). Jim Kerr, qui de loin ressemble furieusement à Gérard Lenorman, semble être adepte de la génuflection, puisqu'il passe une bonne partie du concert avec une rotule au sol. Il est également touché par les applaudissements du public, pour beaucoup fan de la première heure, mais c'est vrai qu'il a trop l'air sympa ce Jim, on a trop envie en le voyant de l'inviter à prendre une pinte !

Je dus malheureusement m'éclipser juste avant les rappels... C'est pourquoi vous trouverez dans la colonne de droite très peu de photos témoignant de mon passage au Suikerrock. Mais ça n'était que pour revenir en forme pour mon prochain festival ... les Lokerse Feesten !!


... Sans oublier un certain Pukkelpop qui ne cesse de se rapprocher ...


A bientôt les amis !